Samedi 22 décembre 2007
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/12
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/2007
19:26
Enquête sur le comportement
De GAYLAND
Témoignages de personnes différentes
Destination Voyage
DVD
Livre
Différence
MON HANDICAP
MES TALONNETTES
EDITO
Voici le printemps, les fleurs et les beaux jours. Voici également le
N° 2 – ANNEE 2007
temps des gays pride ou pour les plus puristes « les marches des
Différence est édité par
A G L H fiertés LGBT ». Chacun de nous a ses propres convictions, et
C/o CGL 3 rue Keller chacun de vous en ces temps de vote choisira celui ou celle qui lui
BP 255
plaira. Tout comme chacun d’entre nous choisira s’il veut militer
75524 PARIS 11
ou pas lors de ces marches. Il est important que l’on continue à se
Tel : 06 73 33 41 29
battre au milieu des autres asso gay pour faire avancer les droits
Directeur de publication des homosexuels. Notre présence au gay pride, surtout celle de
Hervé CHENAIS
Paris le 30 juin est très importante. Si vous en avez la possibilité
venez, retrouvons nous pour montrer que l’on existe, qu’on est là
Rédacteur en chef
et qu’on veut vivre comme les autres notre sexualité à part entière
comme des Hommes ou des Femmes que nous sommes. Participez
Hervé CHENAIS
Rédacteur
à celle de votre région ou de votre ville prouvera l’existence de
Hervé CHENAIS
l’AGLH sur le territoire national. La solidarité entre nous tous
Jean Paul RENARD
David DEVORIEX
Handi homos et sympathisants et vos ré adhésions pour
l’association feront de celle-ci, une voix de plus en plus forte pour
Ont participé à ce numéro
la reconnaissance de notre sexualité dans le milieu homo et
Pierre
faciliter l’accès des établissements ou centre d’accueil LGBT.
Gildas
Impression K-primContinuons, ça avance … On est là et on y restera ! Préservez
Le Mans
votre peau avec le soleil et préservez votre capital santé avec les
capotes
…….
Bises à tous et à toutes
Jean-Paul
P.s : une pensée pour Laurence, adhérente du Sud Ouest qui a perdu son amie.
Sonia avait participé à nos côtés lors de la marche de Biarritz et de la soirée qui
suivait en distribuant les tracts pour faire connaître l’association, pousser et
soutenir Laurence.
La reproduction, totale ou partielle, des articles, photos ou illustrations publiés dans lemagazine DIFFERENCE est interdite sans l’accord écrit de L’association AGLH
(conformément à la loi sur la propriété littéraire et Artistique). Les documents envoyés à larédaction ne sont pas rendus et impliquent l’accord de leurs auteurs pour une publication
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interprétée comme une indication de l’orientation sexuelle de la personne. Différence
s’adresse à des lecteurs majeurs et A un public averti. Ne pas jeter ce journal sur la voiepublique.
1
L’art et la manière
Peut-on poursuivre une cause
sans avoir d’objectifs ? Je ne
pense pas ! Mais il y a un dicton
qui dit « quand on veut, on peut »
depuis 2003 j’ai l’impression que
je bataille contre des éléments
que je n’arrive pas à dominer. Je
ne suis pas le seul dans ce cas, il
y a une multitude de gens ou de
sociétés qui sont dans le même
désarroi. Chaque jour je repousse
une décision, mais chaque jour je
me dis que demain ça ira mieux
et je reprends l’espoir.
Le handicap est dur à vivre, mais
il ne faut pas baisser les bras
pour un problème futile. Il faut se
battre chaque instant, se remettre
en question chaque second et
surtout ne pas perdre sa dignité
que l’on est une personne comme
à chacun.
Comme vous pourrez le
découvrir dans ce magazine, il y
a des hauts et des bas dans
chacun de soi. Mais à chaque fois
c’est à nous lecteurs de voir les
bons côtés de soi et des autres.
Vous pourrez découvrir le
compte rendu de notre enquête
sur le comportement que la
communauté homosexuelle vis-
à-vis des personnes en situation
de handicap ou de différence.
Vous pourrez parcourir le
combat de chaque instant de trois
personnes qui vous paraîtra
totalement différent mais que le
contexte vous paraîtra identique.
Enfin, vous pourrez apprécier
une certaine légèreté en lisant
nos idées de voyage, de lecture et
de vidéo.
Merci à chacun d’entre vous qui
prendra quelques minutes de son
temps pour feuilleter ce
deuxième numéro.
2
Enquête
La Communauté Homo fait-elle de la
discrimination ?
Il n’est pas rare, dans le milieu
homosexuel, par l’intermédiaire des
médias, de voir véhiculé des images
de corps dont l’esthétisme est
parfait. Les magasines « Têtu ou
Pref » en sont des exemples. Leurs
couvertures ont l’habitude d’exhiber
des corps d’hommes à moitié nus la
plupart du temps, avec une plastique
corporelle des plus avantageuses.
Avec de telles représentations, nous
pouvons penser que la notion d’idéal
corporel n’est plus qu’une simple
notion dans le milieu homosexuel
mais est devenue une véritable
norme corporelle et culturelle. C'està-
dire que la nouvelle génération de
gay grandit avec à l’esprit ou comme
objectif de ressembler au maximum
au dernier mec de la couverture de
Têtu ou Pref. En outre, les
homosexuels ont pour réputation de
prendre soin de leur corps. Non que
les autres personnes ne prennent pas
soin d’elle, mais ce serait dans une
moindre mesure et de manière moins
systématique. Ce constat, même s’il
est basé sur nombre de préjugés, est
présent. Il nous donne quelques
indications concernant une certaine
philosophie dans le milieu
homosexuel. Les personnes
fonctionneraient donc énormément
sur le mode du « paraître », souvent
confondu avec de la superficialité.
Compte tenu de ces éléments, non
fondés certes, mais néanmoins
présent comme un consensus
inconscient dans le milieu
homosexuel, nous sommes amenés à
nous poser certaines questions :
concernant notamment les personnes
qui ne correspondraient pas ou pas
totalement à cette norme corporelle
fondée sur l’apparence, la beauté
physique et plastique.
Correspondre à cette norme
corporelle, impose des sacrifices, ne
serait-ce qu’en temps passé dans la
salle de bain! Un autre des préjugés
que l’on rencontre souvent lorsque
l’on discute avec des personnes
hétérosexuelles, est que les gays ont
la réputation d’être efféminés pour
la plupart. Ce constat n’est pas
forcément faux, mais n’est pas non
plus une vérité absolue. Cependant,
certains bouquins de vulgarisation à
l’usage des jeunes gays comme le
Guide des jeunes Homos parlent de
« gaydar », ce serait la faculté qu’ont
les homosexuels à se reconnaître
entre eux. Ainsi, si une telle
reconnaissance est effectivement
possible, c’est bien qu’il existe des
signes de reconnaissances. La
féminité peut éventuellement en
faire partie, tout comme la manière
de s’habiller, parfois même de se
maquiller, et bien souvent les
attitudes corporelles peuvent
également faire parties de ces signes
de reconnaissances.
3
La notion de culture homosexuelle
existe également, et les éléments
appartenant à cette culture peuvent
nous permettre de penser
qu’effectivement, dans une certaine
mesure, ils permettent eux aussi une
reconnaissance mutuelle.
Si de tels signes sont identifiables
entre gays. Ils le sont bien
évidemment pour les personnes qui
ne sont pas gays, mais qui ont soit
l’habitude de côtoyer le milieu, soit
des préjugés par rapport à ce milieu
et aux personnes homosexuelles. En
définitive, ces personnes ont
incorporé certaines techniques du
corps liées au milieu ou alors elles
savent déchiffrer ces éléments qui
laissent penser qu’une personne est
homosexuelle ou ne l’est pas.
C’est en cela que, en étant
homosexuel, il peut arriver que l’on
coure un risque plus ou moins grand
de déni de la personne, de rejet. Ce
phénomène peut aller jusqu’à des
accès de haine envers des personnes
ouvertement homosexuelle. Pour
vérifier cela, il n’y a qu’à regarder la
presse. Dans ce contexte qui pèse
malgré tout sur la conscience des
homosexuels, nous pouvons
comprendre la réticence de certains
à dire ouvertement leur
homosexualité, et la crainte qui plus
est que cela se sache. Car
effectivement, la peur d’être
homosexuel et une réalité encore
malheureusement inscrite dans les
mémoires collectives de la
communauté homosexuelle.
Ces raisons sont indispensables afin
de comprendre la place qui est faite
aux personnes en situation de
handicap dans ce milieu. En outre,
nous pouvons retrouver certains «
symptômes » dans l’acceptation des
personnes en situation de handicap.
Dans le sens où il existerait une
handi-phobie, une peur des
personnes en situation de handicap,
peur induite par l’apparence de ces
personnes qui semble différentes du
fait de leur déficience. En effet,
lorsque je me suis entretenu avec le
responsable de l’association AGLH,
il m’a fait remarquer qu’une des plus
grosses difficultés à être en situation
de handicap n’était pas la déficience
en elle-même, ni même l’incapacité,
mais bien le regard des autres. Il va
de soi que plus la déficience est
visible, plus cela met en évidence le
handicap dans les relations sociales.
Nous entendons par situation de
handicap, des situations sociales,
structurelles, … qui mettent la
personne dans une situation telle
qu’elle n’est plus en capacité d’être
autonome, indépendante, et
citoyenne. Ces situations étant le fait
de la société et non de la déficience.
4
Etre en situation de handicap dans le
milieu homosexuel implique que la
personne soit tenue informée de la
norme corporelle qui existe dans le
milieu gay, et que nous avons
décrite précédemment.
Effectivement, une notion est
importante lorsque l’on ne parle de
personne en situation de handicap,
qui est la notion de schéma corporel.
C'est-à-dire qu’une personne qui
aurait une déficience acquise des
suites d’un accident par exemple,
aurait tout son schéma corporel de
modifier, et aurait à le reconstruire
plus ou moins facilement. Là encore,
lorsqu’on se situe au niveau du
handicap, le corps est mis en avant.
Dans le milieu homosexuel, un
phénomène est assez marquant, c’est
la volonté de tout séparer, et de tout
hiérarchiser d’une certaine façon. En
effet, de manière objective, les lieux
en eux même sont les premiers
signes d’une volonté de
catégorisation. En tous les cas, ils
sont le signe que la volonté n’est pas
forcément à l’accessibilité. La
plupart des lieux de convivialité du
Marais homosexuel sont exigus, et
souvent sur deux étages. Lors de ma
semaine d’observation des lieux, j’ai
été frappé par le nombre d’escalier
en colimaçon conduisant aux
toilettes des établissements.
Le Marais étant un quartier
historique de la ville de Paris, il est
constitué de vieux bâtiment. A
l’origine, le Marais était réellement
un marécage qui a été réaménagé,
pour que la bourgeoisie parisienne
ainsi que les notables puissent y
construire des résidences à leurs
goûts. De ce fait, les lieux sont
difficiles d’accès, en raison des
courants artistiques de l’époque de
construction, qui privilégiaient
l’accès des locaux avec des marches
en pierre taillée, de taille importante.
Ainsi, le Marais est un endroit des
plus agréables pour se promener, et
qui attire nombre de touriste.
Malheureusement, la réalité de
l’esthétisme architectural induit une
autre réalité, celle de l’accessibilité
ou plutôt de l’inaccessibilité des
lieux, et notamment des lieux de
loisirs et de convivialités.
Lors d’une discussion avec une
personne en situation de handicap à
la taille impressionnante, j’ai pris
conscience empiriquement de
l’exiguïté des lieux. Ainsi, nous
avions discuté un soir, dans deux
bars différents. L’un d’eux était
vraiment difficile d’accès pour cette
personne, puisque nous avions dû
déplacer nombre de tables et de
chaises, afin de pouvoir s’installer. Il
me racontait en outre que dans
certains endroits, notamment un
restaurant, il avait fait tomber un
cadre d’une certaine valeur à
maintes reprises, en raison de sa
taille…
5
Outre les difficultés liées aux lieux
en eux-mêmes, nous pouvons
trouver dans le Marais des
établissements ayant ses
particularismes, bars ayant la
particularité d’accueillir une
clientèle de personnes vêtues de
cuirs à dominante sadomasochiste,
une clientèle de jeunes d’une
vingtaine d’année environ, une
clientèle de drag queen etc.…
Depuis le début, je parle
essentiellement des hommes
homosexuels, c’est que concernant
les femmes homosexuelles, c’est
légèrement différent. Les lesbiennes
ont également leurs lieux de
convivialités où se retrouver, mais
ils sont bien moins nombreux que
les endroits pour les gays. En outre,
il n’y a pas autant de diversification.
Les bars lesbiens ne cherchent
effectivement pas à cibler une
clientèle particulière, alors même
que dans la sémantique liée à la
femme homosexuelle, des
catégorisations existent, au même
titre que pour les hommes
homosexuels. Ainsi une lesbienne
qualifiée de « butch » est une femme
extrêmement masculine, dans ses
traits, dans sa façon de s’habiller,
parfois de parler ou même de se
comporter. Les lesbiennes ont
également leurs boîtes de nuit.
Cette diversité des lieux de
convivialités homosexuels est
revendiquée par le milieu
homosexuel et fortement incorporé
dans la culture homosexuelle.
Cependant, du fait que ces lieux sont
autant marqués, cela provoque un
effet pervers. Les personnes ne
correspondant pas au type du public
attendu se sentent très mal à l’aise.
Même si elles y sont bien accueillies
par les gérants de bars, ces
personnes ne correspondant au «
Dresse Code », se sentent exclues du
fait qu’elles différent fortement en
apparence du reste de la clientèle.
Une forme d’exclusion s’opère
alors, implicite, et en grande partie
liée aux regards des autres clients.
Ces derniers dévisagent des pieds à
la tête toutes les personnes qui n’ont
pas l’habitude d’être vue dans ce
genre d’endroit. Elles ne
correspondent pas du tout au type de
la clientèle habituelle, au vu des
éléments cités précédemment.
La troisième forme de catégorisation
et d’exclusion s'opère à partir d’une
certaine heure à l’entrée de certains
bars gays où sont postés des vigiles.
Ces soi-disant physionomistes, qui
sont chargés de filtrer la clientèle qui
entre dans l’établissement. De cette
manière, les personnes qui ne
correspondent pas aux goûts de la
direction du bar sont évincées avant
même d’avoir pu franchir le seuil de
la porte d’entrée. Pendant mon mois
d’étude sur Paris, j’en ai fait les
frais.
Le faux-semblant, une stratégie de
dissimulation des stigmates que les
personnes en situation de handicap
homosexuelles sont obliger de faire
pour vivre leur sexualité sans trop de
discriminations…. Des entretiens
avec des personnes en situation de
handicap m’ont permis de connaître
la façon dont vivent ces personnes
notamment lorsqu’elles souhaitent
se divertir ou aller draguer.
6
Ma première personne, ayant une
déficience au niveau de la hanche,
mais non visible aux premiers
abords, me disait qu’elle taisait sa
déficience dans un premier temps,
avant d’en discuter progressivement
avec son partenaire du moment. Il
attend de voir comment évolue sa
situation avec son copain, avant
d’oser affronter sa réaction quant au
fait qu’il soit handicapé.
J’ai également eu l’occasion de
m’entretenir avec plusieurs
déficients visuels, pouvant se
déplacer à l’aide d’une canne
blanche. Pour l’un d’entre eux, la
canne est symbole de leur
déficience, ce qu’il fait qu’il
n’assume pas du tout le fait de
devoir la sortir en public. Cela est
d’autant plus vrai quand il passe du
temps dans le quartier gay. Avant sa
déficience il vivait au mieux son
homosexualité, mais maintenant il a
du mal, par rapport aux difficultés
que lui procure sa déficience. En
effet, afin de draguer dans le milieu
lorsqu’une personne souhaite
accoster une autre, cela se fait
énormément à grand renfort de
regard. Le regard étant l’un des
moyens les plus usités afin de tenter
une première approche. Ainsi, sa
stratégie de dissimulation de son
handicap passe par le rangement de
sa canne pour ne pas avoir à
affronter les regards des personnes
sur son handicap. Il fait des petits
pas dans les établissements, même si
c’est sur place, afin de maintenir sa
proprioception toujours en alerte.
Seulement, en faisant cela, il passe
pour une personne ivre aux yeux des
autres clients.
E GOFFMAN décrit cette attitude
dans son livre « stigmate ; les usages
sociaux des handicaps » page 103
les éditions de minuit 1975 Paris en
ces termes « les techniques qu’il
emploie pour s’adapter aux
situations risquent de heurter et de
provoquer des malentendus. Ses
efforts pour cacher ses infirmités lui
en font souvent étaler d’autres, au
moins en apparence «. Cette citation
exprime très bien ce que certaines
personnes en situation de handicap
sont obligées d’endurer afin de
paraître valide.
Enfin, suite à une prise de contact
grâce à une petite annonce rédigée
comme s'il s’agissait d’une demande
d’aide à domicile, j’ai rencontré le
demandeur. A la fin de cette soirée,
j’ai longuement réfléchi, afin de
comprendre ce qu’il m’était arrivé,
et j’en suis arrivé aux conclusions
suivantes : cette personne, en
situation de forte dépendance, n’a
pas trouvé d’autres moyens, afin
d’assouvir un besoin naturel, celui
de l’éjaculation et de la
masturbation, que de développer la
bisexualité, afin d’élargir au
maximum ses chances de rencontrer
une personne qui voudrait bien
assouvir ce genre de besoin. Il est
donc obligé également de mettre en
place des stratégies, qui sont
également des stratégies de
dissimulations, afin de cacher les
motivations réelles d’un tel
affichage, pour sa demande d’aide à
domicile. Il espère toucher ainsi un
maximum de personnes, il lui faut
dissimuler ce genre de chose, qui
malheureusement est extrêmement
tabou, dans le domaine du handicap.
7
Pour conclure : nous venons donc de
voir, au travers d’exemples précis
extrait de mon expérience empirique
de terrain, que le milieu homosexuel
est un cadre de vie particulier,
reposant sur des classifications
particulières de catégorisation des
lieux et des groupes sociaux. Ce
milieu est un milieu qui repose en
grande partie sur un idéal normatif,
qui amène les personnes à paraître
plutôt qu’être ce qu’elles sont
réellement. Cela implique que les
personnes qui ne correspondent à
aucun des catégories existantes dans
le milieu sont stigmatisées, avec très
peu de chance de faire des
rencontres.
C’est la raison principale pour
laquelle les personnes en situation
de handicap n’ont pas leur place
dans le milieu homosexuel. Au prix
de gros efforts de dissimulation et de
faux-semblants, qui peuvent
entraîner des effets pervers. Ces
personnes en situation de handicap
doivent faire face à deux cas de
figures particuliers. C’est qu’ils
doivent assumer leur homosexualité
d’une part, et assumer leur condition
de déficients d’autre part. bien
souvent, un seul des deux éléments
est travaillé.
Nous pouvons donc nous demander
dans quelles mesures, le schéma
corporel d’une personne en situation
de handicap peut influer sur sa vie
quotidienne.
David DEVORIEX
8
Le courage est-il devant ou en nous ?
J’ai fait la connaissance fin mars 2006, par
l’intermédiaire d’un tiers, d’une personne
courageuse qui lutte chaque jour, minuteaprès minute pour combattre cette
saloperie de maladie qui est le SIDA. Avecson accord, je voudrais que vous partagiez,
pour un court moment, son courage de
tous les jours.
Bonjour, peux-tu te décrire à nos
lecteurs ?
Je m'appelle Gildas, j'ai 54 ans et vis à
Paris 12eme; ancien responsable
associatif, je reste militant actif en faveur
des droits humains et des droits des LGBT.
Depuis combien de temps es-tu séropoet as-tu mis longtemps pour l'admettre ?
Séropositif depuis 1992, la première année
s'est déroulée dans l'angoisse et la
rébellion. Pourquoi moi ? Est-il possible deguérir ? Quel répit espérer ? J'avais à
l'époque dans mon entourage une amiemédium et elle m'assurait que je ne devaispas mourir de cela' et que je vivrais assez
vieux. Etant moi-même médium, j'ai adhéré
à son verdict et toute idée de mort m'a
quitté immédiatement et presque
définitivement.
Comment vis-tu avec et comment ce
passe tes rencontres ?
Suivi par un médecin compétent, j'ai
observé strictement le traitement imposé etme suis rendu plus ou moins assidûmentaux visites régulières. J'ai eu de la peinelors de modifications ou changements detraitement, mais globalement,
bien compris
par mon médecin. J'ai tenu bon dans la
régularité douze ans durant, et en 2004, sedéclarait, par suite des oublis de
médicaments, une candidose
oesophagienne, qui a nécessité une
hospitalisation. Coté rencontres, je ne mesouviens d'aucun changement notoire: vite,
j'ai pris l'habitude d'en parler, sauf peut-être
durant les deux ou trois premières années.
Par la suite, j'annonçais généralement lacouleur, et je n'ai pas souvenance de refusnotoire de la part de partenaires, sauf les
toutes dernières années de la part de
jeunes partenaires.
Penses-tu qu'une personne séropo sesente toujours rejeter par rapport à sa
situation et est-elle considérée comme
une personne handicapée ?
Je me suis que « rarement » senti rejeté:
cela a eu lieu plutôt récemment, toujours
de la part des plus jeunes. Je me considère
par moments comme une personne
handicapée; plutôt positif de tempérament,
j'essaie de ne pas succomber aux
catégories. Mais j'ai conscience que «
socialement », je suis rangé du fait que jetouche une pension dans la catégorie
'handicapé' par les administrations, des
membres de ma famille, et quelques amis.
Ensuite je pense que cultiver son image estimportant et je tâche d'être présent au
monde de manière souriante et enjouée,
d'être ouvert et à l'écoute. Etre assuré dans
ses positions, engagements, situation
sociale (c'est le plus difficile) me parait un
gage de mouvance et d'adaptation; j'arrive
parfois à oublier toutes les classifications etme contente de cultiver l'optimisme et labonne humeur et la disponibilité aux autres.
Parfois, avec du recul, j'interprète certains
abandons ou fuites d'entourage, comme
étant reliés à ma séropositivité, mais jamaisdans l'instant. C'est comme cela que je vis.
Merci Gildas pour ton témoignage et bon
courage à toi.
9
Mon quotidien
Je voudrais faire partager au lecteurde ce magazine « Différence » ma viede tous les jours, avec des hauts etbas. Mais je prends cette vie commeelle vient.
Je n’ai pas toujours été handicapé,
mon état a été les suites d’un accident
qui est survenu pendant mon
incorporation dans un corps d’arméeFrançaise. Le matin je me suis levé
avec mes petits camarades de
chambre et le soir j’étais couché dans
un lit d’Hôpital Militaire. Ma
convalescence a durée plus de troismois. C’est peu pour certaine
personne mais pour d’autre c’est unmoment dur à vivre et il faut s’adapterà son nouveau corps.
J’ai une chance ou plutôt puis-je dire,
j’ai un moral d’acier. Je ne l'ai pas priscomme un problème insurmontable dufait que j’ai toujours pris la vie comme
elle vient. Cela a été de même pour
ma découverte de mon identité
sexuelle. J’ai vite pris conscience qu’àl’âge de sept ans j’étais attiré par moncousin plus vieux de quelques annéeset réciproquement. Notre famille abien pris la chose.
Depuis seize ans j’ai une activité
professionnelle, pas comme à chacun,
mais dans un ESAT ; un
établissement protéger pour personneà mobilité réduite. Mon activité est
adaptée à mon handicap par un tempsde travail également adapté. Je
travaille à mi-temps, aussi dès 13H jesuis chez moi ou chez les
professionnels de santé pouraméliorer ma vie quotidienne. J’ai unprincipe, je suis très spontané etj’aime que les choses soient dites dèsle départ. De ce fait, quelque tempsaprès mon embauche,
j’ai fait ma
sortie du placard. Une partie de mescollègues et des encadrants ont bienadmis, mais une minorité ne l’acceptepas ou ne l’a comprend pas. Peut êtrequ’ils ne s’acceptent pas comme
bisexuel ou autre chose ?
Dans un ESAT, il n’y a pas de
discussion ou de dialogue possible.
L’esprit fondamental d’un lieu de
travail est de ne pas s’occuper de lavie privée des travailleurs et de leurvie intime. C’est bien dommage, carune personne rejetée par la société
socialement et professionnellement nes’informe pas sur certain risque de lavie de tous les jours, comme laprévention du SIDA.
Un certain nombre de mes collèguesde travail sont Séropo. Ils ne sont pasrejetés par une majorité mais
fondamentalement cela serait bien
qu’il y ait un dialogue sur le
comportement à tenir. Il y a un tabousur la sexualité en général et comme
vous pouvez l’imaginer, un certain
nombre d’individu, après le travail,
veulent assouvir leurs libidos. Aussi
pour un certain nombre de mes
collègues, cette libido s’assouvi en
consultant les Puttes.
Pour la plupart les résidents de cesétablissements ou des foyers de viesont assistés par un curateur ou un
tuteur. L’argent donné, chaquesemaine, devrait être réservé à leur
alimentation (car le midi un service derestauration est obligatoire), mais ils
aiment mieux se priver du repas dusoir pour assouvir leur libido. Les
professionnels de santé et
d’encadrement de ces établissements
sont conscients du problème mais ilsne peuvent juridiquement rien faire
pour améliorer cette situation de
solitude que les personnes Handisubissent quotidiennement.
10
Avoir la Totale
Etre étranger, musulman, homosexuel
et handicapé
J’ai fait la rencontre ou plus
précisément c’est ce jeune homme de
confession Musulman qui a pris
contact auprès de la permanence de
l’association AGLH, un jour de
septembre 2006.
Il était à bout de nerfs, près à faire une
bêtise. Au début je n’ai pas assimilé
qu’il avait un handicap, d’où mon
questionnement pour savoir pourquoi
il ne s’adressait pas à une association
dans le même registre de culture. Il
m’a vite expliqué qu’il y avait un rejet
de ces groupes du fait de sa différence
physique.
Jusqu’à 20 ans, il a vécu son enfance
et son adolescence comme un être
valide. Un jour de juin, sa vie a
basculé de l’autre côté de la barrière :
dans le monde de la pitié et du rejet. Il
avait tous : une relation stable avec un
boy's friend, un futur travail après son
diplôme etc.… un matin de bonheur
un chauffard vient tout briser. Après
des semaines de coma, le jour de son
réveil son ami lui précise que leur
relation est finie car il ne souhaite pas
s’afficher avec un « boiteux ». Il lui a
fallu près de un an de rééducation
pour pouvoir remarcher avec un léger
handicap au niveau des membres
inférieurs.
Dans les débuts de nos appels
téléphoniques, l’association lui a
conseillé de sortir dans les
établissements qui acceptent la
différence physique. Voulant s’en
sortir il a accepté de se rendre dans les
établissements en question : Le
Central, le Bear's den et le Okawa.
Depuis quelques semaines, il va
beaucoup mieux et il a fait découvert
à l’association un nouveau bar le «
Wolf » très en couleur, du fait que cet
établissement est tenu par des
personnes libanaises.
Son moral va de mieux en mieux, il
commence à comprendre le
comportement de la communauté
Homo et les lieux ou il se sentira bien
dans sa peau. En ce moment, le lieu
où on peut le rencontrer c’est au sauna
le Key West. Un établissement très
bien tenu et dont le comportement de
la direction et du personnel est
irréprochable dans sa tolérance des
différences ; cela influx dans le
comportement des clients.
11
Une destination
l’Espagne
l’ANDALOUSIE du
sud
L’Espagne est un pays qui a bien
évolué depuis les débuts des
années 80 jusqu’à nos jours. Le
peuple espagnol a su instaurer une
démocratie tout en conservant une
monarchie. La religion est toujours
présente au sein de chaque foyer,
mais les espagnoles savent
concilier les doctrines religieuses
et la modernisation de la vie
sociale. Un exemple concret : le
mariage de personne de même
sexe, le Vatican condamne les
actes homosexuelles et refuse dont
de reconnaître l’amour qu’il peut
avoir entre deux être de même
sexe, mais la population espagnol
a bien mis une barrière entre les
deux.
L’Espagne évolue
progressivement mais elle ne
devrait pas le faire trot vite. En
effet, depuis sept et huit ans la
communauté Homosexuel
commence à prendre de mauvaise
habitue de ses voisins nordique,
comme l’Angleterre et la France.
Dans les premières années du
21ème siècle il y avait une
tolérance totale entre chaque
individu qui fréquenté les
établissements Homo.
Les établissements n’avaient pas
de spécialisation corporelle
comme il y a dans le Marais à
Paris ou dans le quartier de Soho à
Londres, à savoir les bars de
jeunes, de nounours, de cuir etc…
Chaque Espagnole vivait, parlait et
abordait les individus qui étaient à
côté de lui. Dans ce système, il n’y
avait pas de rejet du corps ou de
l’intellect et surtout les
établissements de prostitution n’y
avaient pas place.
Fin mars 2007, mon ami et moi-
même avons découvert d’autres
codes avec d’autres établissements
qu’ils n’avaient pas il y a deux
ans. Il y avait toujours les bars
habituels mais dans le quartier il y
avait l’installation de bar
spécialisé. Pour les vacanciers
nordiques cela ne choque pas et
même cela peut être rassurant car
ils ne sont pas dépaysés dans leurs
façons de faire des rencontres.
12
Aussi, j’ai pris un certain plaisir de
découvrir un certain Bar qui
s’appelle « PUBLIC BAR », un
lieu très en couleur, du fait qu’il
avait un décor Marocain et surtout
que le barman était vraiment à sa
place. Pour un certain public le
barman donne la couleur de
l’endroit et là j’ai vite compris
qu’il s’agissait d’un bar de
rencontre payante avec de jeune
individu de type nord africain. Ils
sont direct, même assez direct, ils
allèchent le client en indiquant une
certaine prestation très peu cher,
mais en réalité il faut multiplier
par cinq le montant qu’ils
annoncent. L’acte charnel
s’effectue soit dans un sexe chop
un peu plus loin ou dans l’enceinte
de l’établissement. La direction a
aménagé les WC handicapé de
matelas de plage pour qui soit
donné un certain confort.
Pour un budget de 420€ environ
vous avez une semaine de
vacances de printemps abordable.
Ce prix comprend le transport,
l’hébergement en demi pension.
Pour le repas du midi (plutôt vers
15h) le conseil allez vers les
sandwicheries que les chaînes de
resto mondialement connu qui
rallongeront vos dépenses.
Pour vos sorties festives compté
entre 2,5€ à 3€ le verre de soda ou
de bière. L’accès aux
établissements est adapté aux
personnes en fauteuil. Et surtout
ne vous privez pas de faire
plusieurs établissements dans la
soirée.
Dernière News : faite le stock de
capote avant de partir car elles ne
sont pas à disposition comme en
France.
Hervé C
13
LES DVD DE
L ANNEE
2006-2007
« La plus désinhibées des séries
américaines, le SEx and the City
GAY ! »
Nouvelle passions, réminiscences
d’anciennes liaisons, changements de
carrière, mariages, ruptures,
dépressions…
Dans les premiers épisodes
l’handicape est soulevé avec
l’apprentissage de l’état de Justin
après son agression (fin de la première
saison)
Edition Wargner au prix de 49,99€
dans les librairies Gays de la capitale.
« Une comédie fofolle, une histoire
émouvante et irrésistible »
Dès suite à un accident Billy devient
différent des autres. Il connaît le
succès dans les productions pornos
avec le surnom BEAU-CUL. Mais le
succès ne dur pas.
Editeur en France : Rémi lange
Le prix varie selon les librairies.
14
Côté Livre
L’association AGLH met à votre
disposition une nouvelle Gay de
poche (vraiment de poche 7,5cm sur
10cm).
Vous pouvez l’acquérir soit dans les
librairies Gays ou Lesbiennes de
Paris.
-BBP
-Les mots à la Bouche
-Librairie Violette
Soit en adressant un chèque de 5€ à
l’ordre de AGLH à l’adresse
suivante :
-AGLH c/o CHENAIS H
-Les grouas
-72170 PIACE
Le bénéficie ira aux actions de
l’association.
« Erwan prend sa sacoche, afinde sortir son agenda. Il met surla table des capotes, trouve etregard son planning des weekend
à venir.
« J’en ai toujours sur moi, l’airtrès détendu, on ne sait
jamais »
« Oui, tu as raison on ne sait
jamais »
Je règle l’addition et on a repris
le chemin du retour, je suistellement timide que je n’ose luidemander de m’arrêter. Qu’est
ce que je dois faire. Je ne
voudrais pas passer pour un
pervers qui recherche qu’uneseule chose le cul.
Je le dépose près de chez lui etnous convenons d’un jour pouraller danser. Je l’embrasse sur
la joue et avant de partir je levoie qui rentre chez lui.
J’ai pris la route du retour, jen’arrive pas de penser à lui.
Surtout son odeur qui est restédans l’habitacle de ma voiture.
Erwan avait un parfum doux
mais poivré à la fois qui m’a
mis dans tous mes états.
Pendant un long moment,
avant de m’endormir, je
repense à Erwan et tout
doucement je me masturbe, iln’a pas fallu longtemps pour
que j’explose de plaisir et
inonde mon torse de ma
semence. Je m’endors
heureux. »
15
LES
DELEGATIONS
REGIONALES
DE
L’ASSOCIATION
A G L H
Siège Social de
l’association et délégation
de Paris
Ile de France
AGLH C/O 3 rue
Keller BP 255
75524 Paris cedex 11
Tel : 06 73 33 41 29
Site : www.aglh.com
Courriel :
iledefrance@aglh.com
Permanence : 2ème
samedi de chaque mois de 16H
à 18H
Délégations :
Pays de Loire Aquitaine
Nord Pas de Calais
Languedoc Roussillon
Tel : 06 73 33 41 29
Site : www.aglh.com
Courriel : info@aglh.com
Oui je désire adhérer ou/et
faire un don à l’Association
Gay Lesbienne Handicap.
Civilité :
Nom :
Prénom :
Adresse :
Code postale :
Ville :
Pays :
Email :
Tel :
Cotisation minimum de
l’adhésion annuelle est de 15 €
à régler par chèque à l’ordre
AGLH
Adresse (AGLH c/o CGL 3 rue
Keller BP 255 – 75524 Paris 11
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MON HANDICAP
ETRE UNE FEMME
Impression : K’Prim